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13 juin 2024
Politique

GABON VALIDÉ OU BRAVO ALEXIS LAMEK: ET SI THIERRY MARCHAND DEVAIT ÉCHOUER AU CAMEROUN

Essai de prospection dans le jeu d’échiquier des ambassadeurs de France en Afrique Centrale

Une reprise de BESSALA Valère Bertrand, Administrateur Civil, Internationaliste.

L’on observe la situation du Gabon avec curiosité et circonspection depuis le coup d’État du 30 Août 2023. Une seule question revient à chaque fois : la France est-elle derrière cette affaire ? Puis viennent les questions : comment ? Pourquoi ?

Le Gabon avant le Cameroun…!!!

Ce coup de chapeau qui a été exécuté avec élégance et distinction à Ali Bongo et à son régime, trahit un plan savamment pensé et monté depuis des années. Il n’est que l’aboutissement de la machination ficelée depuis la France. Il n’a pas été prévu seulement pour le Gabon, mais aussi pour le Cameroun.

Des ambassadeurs issus de la DCSD…!!!

Pour preuve, le parcours des actuels ambassadeurs de France au Gabon et au Cameroun. Alexis LAMEK (né le 25 janvier 1966) ambassadeur de France au Gabon, comme Thierry MARCHAND ( né le 27 janvier 1964), ambassadeur de France au Cameroun, sortent tous de la Direction de Coopération de Sécurité et Défense (DCSD). Un service du Ministère français des Affaires Étrangères, spécialement chargé de penser et d’appliquer la stratégie de propansion et de maintien de la France à l’extérieur de ses frontières.

La DCSD a été créée sous Nicolas Sarkozy le 16 mars 2009. Dirigée actuellement par le Général de Corps d’armée Régis Colombet, elle relève de la Direction générale des affaires politiques et la sécurité du Ministère des Affaires Étrangères. Son budget en 2022 était de 100 millions d’euros (soit environ 65 milliards de FCFA) répartis dans les programmes 105 et 209. Comme particularité, c’est une structure qui est pour l’essentiel l’apanage des personnels de sécurité et de défense : militaires, sapeurs pompiers, gendarmes, policiers et légionnaires.

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Alexis LAMEK…au Gabon…!!!

Alexis LAMEK, avant d’être accrédité au Gabon en 2021, était Directeur adjoint de la DCSD. C’est un pure civil, diplomate de carrière, mais qui a fait ses classes dans les représentations diplomatiques françaises en pays complexes (comme Téhéran entre 2003 et 2006 au plus fort de la crise entre l’Occident conduite par G.W. Bush et l’Iran sur l’enrichissement de son uranium à des fins militaires) et aux moments difficiles avant de rejoindre la DCSD, où il a dû être spécialement réformaté pour la mission du Gabon.

Thierry MARCHAND…au Cameroun…!!!

Avant d’arriver au Cameroun en septembre 2022, il était le patron du premier, c’est à dire le Directeur de la DCSD. Entre temps en 2019, il avait été promu au grade de général de corps d’armée. Pour son cas, sa nomination avait été signée au lendemain de la visite abrégée à 24 h d’Emmanuel MACRON au Cameroun. Il devait alors être dans le Ciel, en route pour l’escale suivante du Bénin.

Avant le poste de directeur de la DCSD, il était le Commandant Supérieur des Forces armées françaises en Nouvelle Calédonie (FANC) du 1er Août 2017 au 31 juillet 2019. Ce petit morceau de territoire loin de l’hexagone, qui menace depuis plus de 30 ans de s’affranchir et d’arracher son indépendance à la France. Sous son commandement et des précédents, de nombreuses exactions y ont été commises, ignorées intentionnellement par les grandes puissances et notamment L’ONU. Des actes allant de l’exil forcé des leaders indépendantistes à leur réduction pure et simple au silence. Bien avant encore, il aura été successivement :
– à la Légion Étrangère (1989-1997),
– engagé au Kossovo (2003),
– Chef de la Cellule  »Relations internationales / Opérations » au Cabinet du Ministre de la Défense de Jean Yves Ledrian (2012-2014) où il a participé au pilotage de la première opération de  »sauvetage » de Bamako face aux djihadistes de l’Azawad, par l’armée française et surtout, la mise sur pieds de la Force Barkhane et la conclusion des accords sur le G5 Sahel,
– Commandant de la 13e Demi Brigade de Légion Étrangère-DBLE (2006-2008) encore appelée  » phalange magnifique » dont la devise est:  » more majorum » (à la manière de nos anciens). C’est une unité d’élite de l’armée française créée en 1940 pour des interventions spéciales, comme ce fut le cas en Indochine (1946-1954), en Algérie (1954-1962), à Djibouti (1977-2011), aux Emirats Arabes Unis.

Le séjour de Thierry MARCHAND à la DCSD aura donc été comme une reprogrammation de son logiciel afin de l’adapter aux cas complexes et urgent de l’Afrique en général, et du Cameroun en particulier.

La question qui s’impose…!!!

Une question s’impose donc: pourquoi l’envoi du Directeur de la DCSD lui-même et général de surcroît au Cameroun ?

Quelques réponses à la question…!

Les réponses paraissent évidentes.
La DCSD a été dupliquée et transposée en Afrique Centrale . Question de garantir une meilleure infiltration du système, une coordination détachée et adaptée du plan et l’imprégnation in situ de son cerveau.

Et pour ce qui est particulièrement de cette coordination, elle porte ses fruits dans la zone depuis le séjour de Thierry MARCHAND à la DCSD. Elle a été efficace avec Bertrand COCHERY, alors ambassadeur de France au Tchad, notamment dans l’assassinat de Idriss DEBY ITNO et l’exfiltration de leurs infiltrés. Il est désormais, depuis juillet 2023 en poste au Burkina Faso. COCHERY a été remplacé à ce poste par Eric GÉRARD qui sortait de Centrafrique. Et en Centrafrique justement, Éric GÉRARD a été remplacé par Bruno FOUCHER, qui aura officié un peu auparavant au Tchad entre 2006 et 2011. Un retour donc. Hormis Laurent POLONCEAUX en Guinée Équatoriale et Claire BODONYI au Congo Brazzaville, les postes diplomatiques français en Afrique Centrale, sont tenus par des irréductibles, sous la coordination au Cameroun, d’un féru de la gâchette.

– Le Plan de Reprise en main et de Contrôle de la zone qui a été conçu sous la coordination de Thierry MARCHAND, ne peut être efficacement appliqué que par lui et par les collaborateurs choisis et proposés par ses soins à l’Elysée. C’est un Plan achevé depuis la fin d’année 2020. Emmanuel MACRON a dû le bouder à sa première proposition, parce-que tenu à l’époque par des priorités intérieures (gilets jaunes, élections présidentielles en préparation puisqu’il fallait temporiser le jeu). Il ne lui a donné son quitus partiel qu’en mi 2021 après la disparition tragique du président tchadien, Idriss DEBY ITNO le 20 avril 2021, mais surtout à la faveur de la débâcle en Centrafrique, des forces françaises en juillet de la même année aux côtés des rebelles SELEKA acquis à François BOZIZÉ, face aux forces russes WAGNER, protectrices du Président Faustin-Archange TOUADERA.

– La position axiale et centrale du Cameroun: C’est le poumon économique de la zone dont dépend presque totalement le 1/3 enclavé des pays de la CEMAC à savoir la Centrafrique et le Tchad et partiellement l’autre tiers littoral constitué du Gabon et de la Guinée Équatoriale. Le Plan de Reprise en Main avait été donc élaboré sur le pilier principal qu’est le Cameroun afin de faciliter la coordination de son application dans la Zone et de mieux poser les germes de l’effet Domino escompté le moment venu.

– La complexité socio-politique du Cameroun : Il est dirigé par un homme d’une grande expérience et d’une forte capacité de manipulation. Sa longévité au pouvoir, soit 61 ans de haute administration, transcende les périodes les plus complexes du monde contemporain (guerre froide (1945-1991), période de transition post-guerre froide(1990-2000) et période de reconquête mondiale du communisme (depuis 2001) sous une hyper hégémonie de l’Occident capitaliste américanisée). Ce qui lui donne une notoriété certaine et des longueurs d’avance dans la lecture perspective et anticipative de l’évolution du monde, des États, des agents inter-États et des mouvements des blocs.

– La relation historique gondolée du Peuple Camerounais avec la France. Elle est entachée de remords, de regrets, de rancunes et de suspicions du fait de la brutalité de cette colonisatrice et de son jeu trouble et falsificateur dans des moments décisifs du Cameroun. Outre les génocides en pays Bassa’a et Bamileke entre 1950 et 1970, ce fut le cas par exemple des positions ambiguës dans la perte du Cameroun septentrional au plébiscite de fevrier 1961 au profit du Nigéria et de la Grande Bretagne; les manœuvres mises en échec de De Gaulle puis Georges Pompidou dans la Guerre du Biafra (1968-1970) par le président Ahmadou Ahidjo; le jeu malsain de la France dans l’affaire Bakassi (1993-2002); sa participation active dans l’implantation et l’entretien de Boko Haram dans l’Extrême-Nord depuis 2012; son indolence internationale sur le conflit dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis 2016.

– La complexité du système de Sécurité et de Défense du Cameroun. En plus de la formation remarquable et de l’intelligence stratégique dont font montre les soldats camerounais, toutes formations et strates confondues, l’Armée Camerounais présente une résilience , une hybridité , une polyvalence et une flexibilité assez singulières en Afrique noire subsaharienne. À cela, il faudrait ajouter la coopération assez poussée avec d’autres Etats du bloc capitaliste (Israël, États-Unis) ou socio-communiste (Chine, Russie) ou encore du Grand Sud (Algérie, Egypte).

– L’âge de Paul BIYA : C’est l’élément principal qui semble justifier l’envoi d’un stratège militaire comme ambassadeur de France au Cameroun. C’est un facteur d’attente et de patience qui impose à la stratégie française une construction locale in situ d’une toile de réception de ce  » fruit  » lorsqu’il sera mûr. En attendant la survenance d’un événement provoqué ou purement naturel, la toile française ratisse lentement, minutieusement et patiemment dans le landerneau politico-social et institutionnel Camerounais, des éléments et des identités capables de provoquer ou d’influencer le moment venu la chute ou la reprise totale du Cameroun en sa faveur. L’âge de Paul BIYA est donc une faiblesse au Cameroun comme le handicap d’Ali Bongo au Gabon suite à son accident vasculo-cérébral (AVC) de 2018.

– Une succession hypothétique et hypothéquée : L’échelle sociale est bloquée au Cameroun. La succession de Paul BIYA aussi. Malgré les prémices visibles d’une préparation dynastique, il appert clairement un risque de blocage institutionnel à venir, du fait de la tendance assez marquée d’une transition en dessin. L’essentiel des marqueurs montrent que Paul BIYA ne prendra pas sa retraite de son vivant . Ce qui risquera de compliquer la matérialisation du plan dynastique. Mais c’est surtout cet interstice qui semble être le Point de mise de la stratégie de Reprise en Main du Cameroun par la France.

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Une combinatoire difficile…!

Ces éléments sont fort expressifs. Ils sont même relatants et parlants pour tout observateur et analyste. Mais ils ne sont pas de combination aisée dans un plan d’ensemble qui doit absolument intégrer des préparateurs et orchestrateurs côté français, ainsi que des associés et exécutants côté Camerounais.

Le test Martinez ZOGO…!!!

L’épisode marquée de l’affaire Martinez ZOGO, en a été la parfaite illustration, mais aussi et surtout un échec du test d’un scénario. N’en déplaise aux âmes lisses, l’échec du test de la tentative d’annexion des services d’intelligence (DGRE) dans cet épisode n’a pas été totalement infécond pour les commanditaires. Il leur a permis de se rendre à l’évidence de plusieurs réalités à leur avantage:
– La corruption institutionnelle et endémique est un ressort incontournable pour toute stratégie de pénétration du système sécuritaire de BIYA ;

– L’indifférence du régime et du Président aux du Peuple a achevé de creuser et d’approfondir l’immense fossé qui peut permettre à n’importe quelle opération de renversement de s’intercaler et de décapiter ce régime ;

– De nombreux barons du régime s’impatientent de la disparition de BIYA. Grâce à l’impunité pour les uns et pour les autres à leur proximité complice avérée au Chef de l’Etat, ils ont accumulé un lourd passif de mauvaise gestion et de prévarication qui les rend impatients de tourner la page BIYA. Sa disparition équivaudrait à une absolution et une dissolution totales de leurs passifs. La France le sait et compte justement s’appuyer entre autres, sur ces pontes dont les plus puissants occupent encore durablement les hautes fonctions ministérielles, tandis que les plus revenchards peuplent les prisons;

– Paul BIYA n’a plus l’entier contrôle de son appareil. L’âge du président et les bousculades de son entourage intime dans la chasse non refrénée aux prébendes, le montrent à suffir. Ajouté à cela, son extrême lenteur à la décision et à la sanction qui contribue grandement à enchevêtrer les dossiers et le système, mais surtout à donner une avance considérable à ces rameurs à contre courant sur ses positions attentistes.

– Le circuit de renseignement et d’information est infiltré, inféodé et interféré. Les interférences dans ce circuit sont désormais constantes, parce que ce système est habité par des agents corrosifs internes et externes ;

– Un système de sécurité présidentiel inadapté à la singularité du modèle camerounais. C’est un système à trois (3) piliers au lieu de quatre(4). Il a pourtant été bien construit depuis 1997, mais a ramené et recentré certains défauts connus de l’ancienne Garde républicaine jusqu’au putsch manqué du 6 avril 1984. Et ce sont ces défaillances qui pourraient favoriser un chapeau comme au Mali, au Burkina Faso, au Niger; ou alors un Shift ou un Lag comme au Gabon.

Le Cameroun, une balade bretonne pour Thierry MARCHAND…???
L’ancien Patron de la DCSD, Thierry MARCHAND, qui siège donc à l’ambassade de France à Yaoundé est certainement conscient de tous ces éléments qui sont des avantages ou des contraintes pour le Plan de son pays. Le Cameroun ne sera pas une balade bretonne pour lui. C’est certain. Mais…mais…mais…il faudrait compter aussi avec le hasard et la trahison en interne . Ces deux (2) derniers facteurs sembleront être les plus décisifs, si jamais le statu quo est maintenu par Paul BIYA.

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