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29 février 2024
Politique

Insécurité dans l’Est de la RDC, l’équation majeure pour les candidats à la présidentielle du 20 décembre

Insécurité dans l’Est de la RDC, l’équation majeure pour les candidats à la présidentielle du 20 décembre

Très riche en ressources naturelles, l’Est de la république démocratique du Congo a basculé dans la violence depuis une trentaine d’années. Malgré toutes les initiatives gouvernementales pour ramener la paix, la situation reste volatile dans plusieurs villages.

Selon l’Organisation Internationales pour les Migrations, OIM, ce sont 6,9 millions de personnes qui ont dû fuir leurs foyers au cours de ces dernières années. Le dernier pointage de cette organisation date du 30 octobre dernier.

De fin octobre au 24 novembre, 4500 nouvelles personnes ont été obligées de se déplacer, affirment le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Refugier, HCR, et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Unicef.

Les deux organisations ont recensé en plus, plus de 3000 violations des droits humains dont les viols et les exécutions sommaires au cours de la même période.
Des situations qui rendent la vie difficile, pour les populations. Sandra vit dans le territoire de Beni, dans la partie Est de la RDC: « c’est inacceptable de vivre comme ça, on est obligé de supporter».

Pour sa propre sécurité, la jeune dame doit s’informer régulièrement. «S’il y a une attaque, je cherche à savoir où l’attaque a eu lieu. Si c’est dans ma zone de fréquentation, je reste à la maison », confie-t-elle.

Travaillant depuis une dizaine d’années dans la même region, Pascal subit au quotidien les affres de la guerre qui oppose depuis une trentaine d’années les forces armées de la RDC à des groupes rebelles.

« J’ai vu des proches tués à la machette. Ça cause un profond trouble psychologique » lance-t-il dans un entretien accordé à BBC Afrique. Il a dû scinder sa famille pour la mettre en sécurité.

« C’est difficile pour moi de vivre dans cette situation. En plus, cette guerre a eu un impact économique sur nos vies. Nous vivions activités champêtres. Mais nous ne pouvons plus accéder à nos champs. »

Euduige, elle, a presqu’adopté une vie de nomade. « Notre résidence se trouve à Oïcha. Cependant, nous sommes obligés de nous déplacer chaque fois qu’un village proche est attaqué. Il nous faut immédiatement trouver refuge dans un lieu qui parait plus sécurisé » raconte-t-elle.

Initiatives gouvernementales pour ramener la paix

Depuis le début de la crise, les autorités du pays tentent de prendre des mesures pour l’endiguer.

Pour les initiatives les plus récentes, la plus marquante de ces cinq dernières années a été l’instauration de l’Etat de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Entré en vigueur le 7 mai 2021, par un décret du président Félix Tshisekedi, cette mesure spéciale avait pour but de ramener la paix dans cette partie de la RDC, frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.

Les fonctionnaires civils de la région ont été remplacés par des militaires. Deux ans plus tard, l’insécurité continu à battre son plein dans la zone. Les milices continuent à cibler des civils tout comme des militaires dans des raids qui se soldent souvent par des morts et des déplacements forcés.

Il y a également l’appel à la mobilisation générale dans lequel le gouvernement a demandé à tous les jeunes de faire blocage à ce que les autorités appellent les ennemis qui ont pris les armes contre le pays.

Début novembre 2022, dans une adresse à la nation, le président Tshisekedi a une nouvelle fois chargé le Rwanda de « velléités expansionnistes avec comme intérêt principal l’appropriation de nos minerais », accusations que Kigali a toujours rejetées.

Le dirigeant a ensuite appelé les congolais à « taire nos divergences politiques pour défendre notre mère patrie ».

Un appel à la mobilisation qui a eu le mérite, rapporte notre correspondant à Goma, de réveiller plusieurs « Wazalendo », connus localement pour être des « jeunes patriotes qui sont prêts à se battre aux côtés de l’armée. »

Des membres de la coalition politique au pouvoir ont présenté ces civils armés comme des réservistes sans donner plus de détails sur la nature ni les termes de référence de leurs opérations.

Les autorités ont aussi mis sur pied une mesure d’initiation au patriotisme au niveau des universités ainsi que la formation des jeunes étudiants. Formation qui est en cours et dont l’objectif est de constituer une réserve de l’armée congolaise.

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