
La Guinée équatoriale et la RCA envisagent une nouvelle route commerciale via le port de Bata
Dans une démarche visant à renforcer l’intégration régionale et à diversifier les options logistiques pour les pays enclavés d’Afrique centrale, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine (RCA) ont entamé des discussions pour établir une nouvelle liaison commerciale via le port de Bata. Cette initiative intervient trois mois après l’ouverture des ports équato-guinéens aux marchandises tchadiennes, signalant une volonté croissante de Malabo de jouer un rôle central dans le commerce régional.
La RCA, qui dépend actuellement du port de Douala au Cameroun pour 90 % de ses importations, voit dans cette nouvelle route une opportunité de réduire les coûts et les délais de transport. Le trajet de 600 km entre Bangui et Bata, contre 1 200 km via Douala, pourrait considérablement améliorer la compétitivité des produits importés en RCA.

Teodoro Obiang Nguema Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale, a exprimé son engagement à faciliter cette liaison commerciale en réduisant les barrières non tarifaires et les droits de douane. Cette mesure vise à rendre le port de Bata plus attractif pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Outre les marchandises générales, cette nouvelle route commerciale pourrait ouvrir des perspectives pour le commerce du gaz de pétrole liquéfié (GPL). La Guinée équatoriale, avec une production annuelle d’un million de tonnes et une consommation locale limitée, cherche à exporter son excédent. La RCA, qui importe actuellement 15 000 tonnes de GPL par an, pourrait devenir un marché clé pour les exportations équato-guinéennes.
Implications économiques et géopolitiques
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de diversification des partenaires commerciaux pour la Guinée équatoriale, dont le commerce représente 88 % du PIB. Elle témoigne également d’une volonté de renforcer l’intégration régionale, un enjeu crucial pour le développement économique de l’Afrique centrale.
Les négociations entre les deux pays se poursuivent, et un accord officiel est attendu dans les prochaines semaines. La mise en œuvre de cette nouvelle route commerciale pourrait avoir des implications significatives pour le commerce régional, en réduisant les coûts, en stimulant la croissance économique et en renforçant les liens entre les pays de la CEMAC.
