16 février 2026
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Afrique, souveraineté narrative et recomposition géopolitique de l’information

Depuis la fin de la guerre froide, le pouvoir ne s’exerce plus seulement par les armes ou l’économie. Il s’exerce aussi par le récit.
Contrôler le récit, c’est influencer les perceptions.
Influencer les perceptions, c’est orienter les décisions.
Et orienter les décisions, c’est peser sur l’histoire.
Pendant plusieurs décennies, une partie du récit africain a été largement produite hors du continent, puis ré-injectée en Afrique par de grands relais médiatiques internationaux, parmi lesquels Radio France Internationale et d’autres acteurs historiques de l’espace francophone.
Ce modèle reposait sur une asymétrie simple :
l’Afrique comme objet d’analyse, rarement comme sujet narrateur.
Une mécanique désormais contestée
Durant des années, les récits dominants ont souvent privilégié crises, conflits et instabilités, contribuant à figer l’image du continent dans une grille de lecture réductrice.
Plusieurs analystes africains dénoncent depuis longtemps un système où certaines voix africaines étaient mises en avant pour en marginaliser d’autres, créant des dynamiques de division interne.
Aujourd’hui, ce modèle est ouvertement questionné.
Quand l’indépendance économique change le rapport de force
Une nouvelle génération d’entrepreneurs africains bâtit des fortunes et des écosystèmes sans dépendance occidentale.
Certains affirment refuser d’entrer dans des logiques de communication qu’ils jugent incompatibles avec leur indépendance à l’instar de Mr SIMB Emile Parfait. Ils observent alors,  une évolution du traitement médiatique à leur égard.
Ces perceptions nourrissent un débat plus large sur la frontière entre journalisme, influence et géopolitique de l’information.
Le cœur du sujet dépasse les individus :
il touche à la souveraineté narrative.
La quête d’audience et l’inversion du rapport médiatique
Dans un environnement médiatique saturé et ultra-concurrentiel, de nombreux observateurs estiment que certains médias internationaux ayant perdu la quasi totalité de leur audience en Afrique sont désormais davantage en quête d’une nouvelle qu’en position de la créer comme ce média que vous voyez en image.
Désormais, pour se faire entendre, ou se faire lire, doivent répéter les mêmes choses toute l’année, utilisant les noms des figures bien connues et des entrepreneurs à succès avec une audience internationale comme vous voyez en image dans le but de s’attirer la sympathie des AfricainS pour enfin être au moins lu. 
Autrement dit, au lieu de produire la communication journalistique, ils semblent parfois la subir.
Les tendances numériques dictent les sujets.
Les algorithmes orientent les priorités.
Les polémiques attirent plus que l’analyse. Telles est désormais le travail de leur nouveau recru, responsable en stratégie journalistique. 
Certains analystes vont jusqu’à parler d’un déficit stratégique dans certaines rédactions internationales, où la rapidité prime sur la profondeur et où la réaction remplace l’anticipation.
Ce n’est pas nécessairement un déclin, c’est peut-être une adaptation difficile à un monde où l’information circule plus vite que les lignes éditoriales traditionnelles.
Une Afrique médiatiquement plus mature
Le public africain de 2026 n’est plus celui d’hier :
  • il compare les sources
  • il détecte les biais
  • il croise les narratifs
  • il produit ses propres contenus
Cette maturité réduit l’impact des récits unilatéraux.
Vers une souveraineté narrative
Le panafricanisme contemporain devient stratégique :
  • souveraineté économique
  • souveraineté informationnelle
  • souveraineté technologique
  • souveraineté diplomatique
Une Afrique qui contrôle son récit contrôle aussi son attractivité, ses investissements et sa crédibilité internationale.
Nous assistons à une transition de pouvoir symbolique.
Le récit africain ne disparaît pas des médias internationaux.
Il cesse simplement de leur appartenir exclusivement.
Ce mouvement est profond.
Structurel.
Géopolitique.
Ce n’est pas une confrontation.
C’est une ré-équilibration historique.
Et cette ré-équilibration ne fait que commencer.
La rédaction.

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